Tourisme durable : une initiative mondiale pour en finir avec le gaspillage alimentaire

À l’occasion de la Journée internationale du zéro déchet, ONU Tourisme et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont réuni les principaux acteurs du secteur pour lancer une initiative d’ampleur : « Recipe of Change ». L’objectif est clair : réduire drastiquement le gaspillage alimentaire dans une industrie où l’abondance reste souvent la norme.
Un secteur au cœur du problème
Chaque année, le tourisme mondial mobilise des flux considérables de nourriture. Hôtels, croisières, buffets et événements contribuent à une consommation massive, dont une part importante finit à la poubelle. À l’échelle globale, le gaspillage alimentaire représente près de 10 % des émissions de gaz à effet de serre, tout en coexistant avec des niveaux persistants d’insécurité alimentaire.
Passer des engagements aux résultats
Face à ce constat, « Recipe of Change » entend dépasser les engagements symboliques. L’initiative, lancée fin mars 2026, repose sur une logique de transformation concrète des pratiques. Les entreprises participantes sont appelées à mesurer précisément leurs déchets, à se fixer des objectifs de réduction à court terme et à rendre compte publiquement de leurs progrès. L’enjeu n’est plus seulement environnemental : il devient aussi opérationnel et stratégique.
Une mobilisation à grande échelle
Portée par une coalition d’acteurs majeurs du tourisme, représentant des centaines de millions de clients chaque année, cette démarche s’inscrit dans la trajectoire des objectifs de développement durable des Nations Unies, notamment celui visant à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030. Elle traduit une évolution notable du secteur, où la durabilité tend à devenir un indicateur de performance à part entière.
Un levier économique autant qu’écologique
Au-delà des entreprises, l’initiative cherche à entraîner l’ensemble de la chaîne de valeur. Gouvernements, collectivités locales, fournisseurs et voyageurs sont invités à participer à cet effort collectif. Car la transformation des pratiques ne pourra s’opérer sans une évolution des comportements, y compris du côté des consommateurs.
Dans un contexte de tensions sur les coûts et les approvisionnements, mieux gérer les ressources alimentaires permet aussi aux entreprises de réduire leurs dépenses tout en améliorant leur efficacité. La lutte contre le gaspillage apparaît ainsi comme un levier de compétitivité autant qu’un impératif écologique.
Vers un changement de modèle touristique
Avec « Recipe of Change », le secteur touristique amorce peut-être un tournant. Longtemps fondée sur une logique d’abondance, son offre pourrait évoluer vers un modèle plus sobre et plus responsable. Reste à savoir si les engagements annoncés se traduiront en résultats mesurables. C’est à cette condition que cette initiative pourra s’imposer comme un véritable moteur de transformation à l’échelle mondiale..
